L'armée s'approchait, soulevant des nuages ternes d'une poussière emplie de
douleurs et de peines. Les sons mêlés de hurlements victorieux et de chansons
célébrant la mort avançaient lentement dans les hautes plaines sèches de
printemps. Plus de cinq mille soldats affichaient leurs silhouettes dans un soleil
extirpant ses derniers rayons de l'obscurité naissante. Mes deux divisions s'étaient
dispersées, et attendaient prudemment les percées à l'est et à l'ouest. Je me
retrouvais donc seul, simplement armé de mon flingue "jakkal", et opposé à
une force sans commune mesure avec mes précédentes rencontres. Un contre
plusieurs milliers d'autres. Ma durée de vie n'excéderait pas dix secondes,
normalement. Mais dans le cas présent, je préfère confier cette faible espérance à
mes ennemis. Il est encore temps pour eux de s'enfuir...